Né le 2 décembre 1950 à Constantine en Algérie, Benjamin Stora est Professeur des universités. Il enseigne l'histoire de la colonisation française aux XIXe et XXe siècles, les guerres de décolonisations, et l'histoire de l'immigration maghrébine en Europe, à l'INALCO (Langues Orientales, Paris).
Docteur d'Etat en Histoire (1991), il est le fondateur et le responsable scientifique de l'Institut Maghreb-Europe depuis 1991. Il a publié une trentaine d'ouvrages et est membre du Jury du Prix livre d'Histoire décerné par le Sénat. Dans le domaine des images, Benjamin Stora a été le conseiller historique du film Indochine, Oscar du meilleur film étranger (1993), le commissaire des expositions La France en guerre d'Algérie (Musée des Invalides, 1992). Il est l'auteur du documentaire Les années algériennes (quatre fois une heure) diffusé en 1991 sur France 2.
| Profession | Historien |
| Pays | France |
| Date de naissance | 02.12.1950 |
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| Souvenir | Evénement | Date |
| nous avons siégé au conseil de l'Universit... | Héritage de mai 1968 | 10-04-2008 |
Messali Hadj fut le fondateur du nationalisme algérien. Dès 1926, avec l'Etoile nord-africaine et jusqu'au MNA (Mouvement National Algérien) en 1954, il n'a cessé d'animer des organisations nationalistes afin d'obtenir l'indépendance de son pays. Après l'insurrection déclenchée par le tout nouveau FLN en novembre 1954, la lutte fratricide entre " messalistes" et " frontistes ", au sein même du mouvement de libération, sera extrêmement sanglante, tant en Algérie qu'en métropole, dans l'immigration. Assigné à résidence en France, Messali Hadj perd peu à peu son influence, au point d'être totalement marginalisé et longtemps ignoré de l'histoire officielle algérienne. Pourtant, son rôle fut considérable. En le remettant en lumière, ce livre apporte aussi quelques éléments de réponses à plusieurs questions : comment Messali pensait-il le rapport entre lutte sociale et lutte nationale ? Quelle place accordait-il à l'islam dans la prise de conscience nationaliste ? Avec cet ouvrage, Benjamin Stora exhume un pan longtemps oublié de l'histoire de la colonisation algérienne et de la guerre d'Algérie.
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De 1954 à 1962, quelque deux millions de Français ont fait la guerre aux Algériens. Plusieurs décennies après, cette " guerre sans nom " n'est toujours pas reconnue dans toutes ses dimensions par l'histoire nationale. Et le refoulement de sa mémoire continue à ronger comme une gangrène les fondements mêmes de la société française. De l'autre côté de la Méditerranée, un refoulement symétrique mine la société algérienne: la négation par l'histoire officielle de pans entiers de la guerre de libération n'est pas pour rien dans la guerre civile qui déchire le pays depuis 1992. Pour comprendre les causes de cette double occultation, Benjamin Stora tente dans cet essai d'éclairer les mécanismes de fabrication de l'oubli, en France comme en Algérie. Il démontre comment ceux-ci se sont mis en place dès la guerre elle-même : du côté français, c'est la négation de l'existence de la guerre, le refus obstiné de reconnaître la réalité de la torture et des exécutions sommaires ; du côté algérien, c'est la violence de la guerre civile secrète qui opposa le FLN et le MNA, ou le massacre en masse des harkis à l'été 1962, perpétré par les ralliés de la vingt-cinquième heure. L'auteur montre également comment les mensonges de la période 1954-1962 seront à leur tour, dans les décennies suivantes, enfouis dans les mémoires par les amnisties ou les non-dits d'une histoire éclatée, telle qu'elle ressort des livres ou des films consacrés à la guerre. |
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